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Albacore

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Montagne, les cîmes qui vous déciment

Publié par Syl Alba sur 10 Mars 2021, 11:18am

Catégories : #Albarcore

Un groupe qui malgré l'environnement tellurique parvient à prendre beaucoup de hauteur

Un groupe qui malgré l'environnement tellurique parvient à prendre beaucoup de hauteur

Montagne est un groupe parisien dont la musique oscille entre post-metal, blackened hardcore et post-hardcore. Fêtant ses cinq ans d'existence en 2021, il nous propose son premier album, Black Waterfall, après avoir sorti Exorde, un EP, en 2017.

Black Waterfall, sorti en 2020 par APB Records, Abyssal Cult, Brigante Records & Productions, Joe Cool Records, Out Of Thunes , Sleepy Dog Records ‎et Bad Wolf Records

Black Waterfall, sorti en 2020 par APB Records, Abyssal Cult, Brigante Records & Productions, Joe Cool Records, Out Of Thunes , Sleepy Dog Records ‎et Bad Wolf Records

Je savais qu'il était temps de m'y mettre, de partir à la rencontre de ce groupe. Ce que j'ignorais jusque-là, c'est à quel point il était urgent de franchir le pas. En effet, une fois que vous avez fait la connaissance de Montagne, le premier sentiment qui émane est de se dire que cet étroit lien entre leur musique et vous était là depuis pas mal de temps (bon, pas tant que ça, mais quand même), qu'il vous tendait les bras et qu'il était plus que temps de le rendre réel. À qui avons-nous affaire ? De grands musiciens, de fins techniciens ? Assurément, mais cette urgence n'a rien à voir avec ça. Oubliez le côté aussi impressionnant qu'éphémère de nouveaux venus de tout bord qui vous mettent une claque pour mieux disparaître les semaines suivantes, laissant votre esprit vagabonder et passer à autre chose. Ici, si les qualités intrinsèques sont bien présentes, et même marquantes, ce sont l'extraordinaire intelligence de l'ensemble et la manière de modeler ses compositions, de leur faire prendre vie et de leur donner sens, qui nous frappent de plein fouet. Les mots seront d'ailleurs rapidement vains pour tenter de vous faire partager la myriade d'émotions que Black Waterfall est à-même de faire naître en vous. Il faut laisser ce dernier se dévoiler et découvrir par soi-même cette maîtrise, ce son tour à tour puissant et cristallin, cette palette d'humeurs, cet arc-en-ciel apocalyptique qui, loin de déconcerter, nous hypnotise. Montagne introduit son propos par un "Mononoké" versatile qui nous étourdit d'abord par son arrivée fulgurante puis joue avec nous comme un chat avec une pelote, avant de nous laisser gésir sur le sol, accompagné par un final paisible et classieux. On se situe ici quelque part au milieu d'étiquettes qui éclaireront nos lanternes à défaut de rendre totalement justice au résultat : « post », « metal », « sludge », « blackened », « hardcore », avec un titre pouvant aussi bien s'appuyer sur des passages extrêmes que contemplatifs, et dont les hurlements rappelant un Mastodon ornent le socle majestueux construit par les instruments. Avec "A Letter From The Beast", on pense commencer à acquérir quelques certitudes : la batterie nous montre qu'elle n'est pas étrangère à l'impact de la schizophrénie inhérente au style (ces accélérations de tueur !), les guitares montrent la voie en alternant nappes pachydermiques, saillies tranchantes et interludes oniriques, quant au frontman, on constate qu'il poursuit son œuvre du diable, peut-être même plus intensément qu'au début. L'ombre de LG Petrov apparaît, alors que je viens d'apprendre son décès ce matin* (je n'avais pas interprété les signes avant-coureurs hier soir, sur le net, à la vue de photos d'amis prises avec lui). Si tous ces points vont bien se confirmer sur la petite demi-heure que nous avons la chance de passer en compagnie des Parisiens, ils vont se démultiplier, s'étoffer, prendre différentes couleurs, différentes directions et être rejoints par quantité de détails que l'on se met à discerner au gré de notre voyage. Le chant, justement, pourrait être considéré comme le plus marquant, car si le feeling Entombed/Dismember revient régulièrement à la charge, il est loin de définir la totalité des pérégrinations de notre vocaliste, qui réalise un véritable tour de force, s'aventurant avec brio sur des terrains plus rock ou modulant sa voix avec une grande aisance sur les parties agressives. Soulignons par ailleurs le coup de "main" donné dans ce secteur par deux amis de la bande francilienne, Yann et Matthias. Néanmoins, si les performances individuelles sont bien sûr à souligner, il serait dommage d'occulter le plus important, à savoir l'aptitude de Montagne à toucher la corde sensible de façon très variée, mais en tant qu'entité, pas en mettant en avant les qualités de ses membres chacun à leur tour. Gojira, [Hypno5e], Isis, High On Fire, Hangman's Chair, quelques noms nous viennent en tête pour décrire ponctuellement ce que l'on entend, en sachant que la liste peut s'étendre à l'envi, selon votre background (celui de Montagne est indubitablement très large) ; on a vu pire comme comparaisons, surtout quand on se souvient que les géniteurs de Black Waterfall ne se sont inspirés des grandes œuvres du passé que pour l'apport des ingrédients, leur recette (donc l'aspect déterminant) étant elle toute personnelle. Si vous vouez une passion aux bizarreries gynécologiques, la déception vous guette : la montagne n'a pas d'accouché d'une souris. Remarquez, vous pourrez peut-être vous raccrocher à ce constat : elle a donné naissance à un bon gros parpaing. C'est déjà pas si mal.

Syl Alba

*article écrit le 9 mars

Ne vous faites pas prier ! Profitez de cette demi-douzaine de minutes enivrantes aux frais de la princesse...

Vous pouvez écouter Black Waterfall ici ou chez l'ami Sleepy Dog Records.

Le groupe a établi son campement ici (et là aussi d'ailleurs).

La chaîne de Montagne se trouve ici.

 

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