Uncut est une formation poitevine qui s'emploie à séduire les foules à travers un rock puissant teinté de blues. Après le coup de semonce From Blue, ils ont récemment débarqué à nouveau avec un Blue bien garni sous le bras, prêts à montrer au monde que les complexes français ont disparu depuis bien longtemps, si ce monde en doutait encore.
Allez la troupe, on enfile le bleu de chauffe, on remet les santiags et on attrape le sac à dos pour partir à la rencontre de cette nouvelle curiosité française. On avait déjà exploré les contours de ce projet singulier avec le EP From Blue, annonciateur de ... Blue, le long format. Sans surprise, nous retrouvons ici ce qui faisait la force du premier né, à savoir cette capacité à pondre des hits vintage qui sonnent dans le même temps parfaitement actuels, grâce à un savant mélange de feeling, de respect des traditions et d'explosivité. La nouvelle offrande vient nous montrer que Uncut n'était pas un feu de paille avec une poignée de tubes hard rock/rock hard/stoner/psyché dans sa musette (pas le style musical, hein), mais bien une grosse machine à-même de défendre son savoir-faire et son vécu sur une longue distance, avec panache et même flamboyance. C'est que nos Frenchies possèdent la double nationalité, on peut même dire qu'ils disposent d'une étonnante quantité de passeports (français, anglais, américain, australien, ouzbek, même si ce dernier est surtout destiné aux trips touristiques), tant ils se sont appropriés les codes des désormais lointaines décennies, cette ère culte, ces ères aimées, pendant lesquelles la sueur, la débauche et les riffs étaient à peu près tout ce qui comptait. Une erreur dans ce constat peut-être : l'affiliation hexagonale. La musique des Poitevins sonne en effet tellement authentique que la référence à notre beau pays, néanmoins connu pour ses réticences à embrasser le monde du rock dans les grandes largeurs, n'intervient qu'en effet secondaire. Un deuxième effet qui se coule ma foi idéalement dans le ciment initial : qu'on la discerne ou pas, la cerise sur le gâteau patriotique nous rend fiers de l'existence de telles formations sur notre territoire. Peut-être le sceau NF se remarque-t-il à travers l'éclectisme démontré sur Blue, qui bien loin de se cantonner à un genre pour s'assurer d'apposer sa patte dans un domaine pré-établi, se "contente" de voguer au gré de ses envies, et au passage de marquer les esprits dans chaque univers proposé. S'appuyant sur deux valeurs sûres de From Blue ("Blue Eyes Lover" et "Bee Blues" – oui, l'âme du blues est indéniablement dans l'air à l'écoute de cet album, au cas où vous poseriez la question), Uncut a ajouté à ces entremets un plat de résistance ultra-copieux qui se termine en apothéose avec un "The Trap" aussi subtil que massif (plus de huit minutes pour conclure les (d)ébats dans le feutré). Une franche(ouillarde) réussite qui ne demande qu'à se répandre aux quatre coins du globe. Avec les contraintes actuelles pour ce qui est de voyager, le trio (!) à déjà fait le plus dur : les ambassades du rock lui ont d'ores et déjà octroyé toutes les autorisations nécessaires. Seul bémol, certains esprits chagrins les regarderont probablement débarquer avec appréhension, car une chose est sûre, ce n'est pas Uncut qui va faire baisser la fièvre.
Syl Alba
Groovy et enivrant, "Family Blues" représente le parfait appât pour vous attirer dans la toile tissée par Uncut
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